Apnée

06.23.2008 | 7:55 pm | Déchets ménagers

Comment reprendre pied maintenant ?
Comment se redresser sur la terre ferme, sortir de l’eau, remonter à la surface, rebondir au fond ?
Comment et pourquoi.

Pourquoi.
Parce qu’il est décidément indécent et physiquement très pénible de se maintenir soi-même la tête sous l’eau. Même si c’est un peu plus facile avec le collier lesté de toutes ces petites et grosses emmerdes qui me tournent autour.
Faut dire, c’est agaçant les emmerdes qui te tournent autour. Tout aussi rapide qu’un papillon, la puanteur en plus, l’éphémérité en moins.

Comment.
Trouver un nouveau boulot. Parce que je n’ai pas le droit de m’enterrer vivante. Parce que je suis seule et que je ne peux compter que sur moi-même pour apporter les améliorations de niveau de vie dont j’ai envie.
Parce qu’il n’y a personne pour partager le pain avec moi. Mais je suis sans nul doute très peu partageuse en ce qui concerne le pain.
Mais j’aime bien partager les pizzas par contre. Peut-être qu’il faut que je renonce à tout compagnon pour me concentrer sur les compizzas. Ou les comquiches. Eventuellement les colocs. Mais ça non plus, c’est pas gagné.
Pas de coloc pour l’été, le compte dans le rouge et les vacances à la dèche.

Au fait, en parlant de recherche d’emploi. Merci apecnext pour ce fabuleux test de 20 minutes d’une richesse inespérée.
“Avez-vous identifié au moins 3 preuves tangibles de votre réussite professionnelle ? non ? Ha ben c’est pas bien, il faut le faire.
Avez-vous pris le temps d’identifier les personnes de votre réseau susceptibles de vous apporter conseils, contacts, informations dans votre domaine professionnel ? Non ??? M’enfin, vous êtes trop nulle ! Notre conseil : prenez le temps d’identifier les personnes de votre réseau susceptibles de vous apporter conseils, contacts, informations dans votre domaine professionnel.
Êtes -vous à l’aise dans la rédaction de lettre de candidature spontanée ? NON PLUS ??? Rhô ! Mais vous la faites exprès !!! Heureusement, nous sommes là pour vous conseiller et vous dire une bonne chose : Vous ne semblez pas à l’aise dans la rédaction de lettre de candidature spontanée.”

Et sinon, merci de prier avec moi le dieu phénoxyméthylpénicilline. Si vos prières ne marchent pas, j’ai plus qu’à me faire arracher la mâchoire supérieure. Et vous serez tous coupables.
Comme je suis coupable moi-même.
Coupable d’être décidément fidèle à moi-même. Un vrai courant d’air. Normal, sinon, les papillons et les emmerdes, ils feraient du sur place.
Coupable de décevoir ma famille, mais ça, c’est pas grave, c’est facile de se faire une raison.
Coupable de lui faire du mal, à lui. ça, y’a pas d’excuse. Y’a même pas de raison. Juste un coeur et sa bête ignorance.
Alors l’apnée loin de tout, c’est encore pas vraiment fini. Parce que bientôt, c’est la fête des papillons. ça me prend du temps, de la préparer, la grande fête des papillons. Et la soupe d’emmerdes, c’est pas non plus évident de s’en délester.

Pascal Sevran* est mort

06.12.2008 | 1:47 pm | Déchets ménagers

Voilà pour les nouvelles.
Et sinon, merci à mes deux lecteurs de s’être inquiétés plus que moi-même :)
Sans vous, Pascal Sevran * aurait pu continuer ses impostures.

* Pour des raisons absconses, les noms des personnages réels ont été modifiés.

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Aujourd’hui, j’ose. Et peut-être qu’enfin on me reconnaîtra.

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C’est quoi, une offre raisonnable d’emploi ?

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C’est quoi, une offre raisonnable d’amour ?

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Signé Plancton.
En sursis.

Write a post

04.8.2008 | 1:24 pm | Déchets ménagers

Est-ce que j’en ai besoin ? non.
Est-ce que j’en ai envie ? Parfois oui.
Est-ce que ça demande trop d’efforts ? Certainement.
Est-ce que j’ai d’autres choses à foutre ? A ton avis.

On est bien sur notre petit nuage.
ça sent les copeaux de bois, ça sent le désert et la forêt, ça sent la neige et Paris, même si on est de l’autre côté du périph. ça sent le besoin, l’envie, le sourire et l’amour. ça sent les draps souillés. ça sent l’intimité.
La joie de le trouver là à mon réveil. La joie d’être près de lui dans son sommeil.

Y’a pas de place pour le doute, peut-être parce que ni lui ni moi n’en voulons.
Et surtout parce que y’a pas de raison.
ça sent l’évidence d’un bel accident de parcours.
Le bon lieu, le bon moment, les bonnes personnes.
Parfois se produit la chance.

Les combats continuent mais j’ai décidé de ne plus en parler.
ça sert à rien, à part m’auto-culpabiliser.
J’avance.
Je retravaille les vieux textes et il en fait des chansons.
On se marre autour d’une guitare.
ça diapasonne dans ma tête en attendant le prochain accord.

Bon sang ce que c’est niais d’être amoureux. Bon dieu c’que c’est con.
Qu’est-ce que vous voulez que je vous écrive d’autre ?

bleurp

02.14.2008 | 6:22 pm | Déchets ménagers

Le vertige du ciel…
A force de ne pas vouloir atterrir, ne plus savoir s’envoler.
Passé, je te hais, toi et ta croûte de peur, ta corne appréhensive.

En coup de vent

02.5.2008 | 6:36 pm | Déchets ménagers

He’s alive ! ALIIIIIIIIIIIIIIIIVE !
And en plus, he has totally raison.

Jeudi soir, concert d’Ez3kiel à l’Astrolabe d’Orléans. A ne manquer sous aucun prétexte.
Samedi, je tombe amoureuse.
Dimanche, je refais le monde.
Lundi, on fait un bébé musical.
Mardi, plus jamais je ne veux atterrir.
Mercredi, le temps est aboli.
Après, rester.

Probably me.

02.4.2008 | 1:00 am | Déchets ménagers

Je pourrais commencer par le début, mais en fait, je n’ai plus que la conclusion à poser.
Lui pardonner. Lui pardonner de ne pas avoir su m’aimer. Lui pardonner d’avoir eu raison et de n’être qu’un con. Un pauvre con d’humain qui fait des choix qui me dépassent. Lui pardonner d’avoir fait semblant de ne rien voir. Lui pardonner de ne rien voir. Lui pardonner de peut-être s’en foutre. Lui pardonner de ne pas chercher à savoir. Lui pardonner d’avoir joué aux jeux interdits. Lui pardonner de m’avoir dit un soir que ce serait beau, un enfant de moi. Lui pardonner les lueurs d’espoir, les secondes qui ne bâtissent rien.
Lui pardonner.

Bordel.
Je sais pas si je vais y arriver, mais je vais essayer.
C’est pas pour lui que je le fais. C’est pour moi parce que je suis qu’une pauvre conne d’humaine égoïste, aussi, parfois. Souvent. Surtout dans le fonds.
Parce que y’a la fierté aussi. Ce truc super utile qui fait qu’on court tête baissée dans la direction qu’on voulait pas prendre alors qu’on avait encore un coeur pour penser.

Et puis je sais pas si y’a quelque chose à pardonner après tout.
Tout ce que je vois, c’est que je viens de recevoir plus en une semaine qu’on ne m’en a laissé jusque maintenant.
Que je ne me l’explique pas. Que j’en suis heureuse. Mais que pour être heureuse, j’ai besoin de pardonner je sais pas quoi. A je sais pas qui.

Bravo

01.29.2008 | 11:32 am | Déchets ménagers

[mode twitter]

Ils ont réusssi leur challenge !
Maintenant le seul truc qui me retient et me motive, c’est de faire deux beaux CV tout neuf et de me casser.

Si ça c’est du management, j’me bouffe un bras.

[/mode twitter]

Un si long voyage

01.15.2008 | 1:22 am | Déchets ménagers

Alors voilà, je suis de retour.
J’ai pas l’air comme ça, mais mine de rien, j’étais partie super loin.
A Paris. Ma ville de week-ends, ma ville de la peur, ma ville qu’est pas à moi, mais que j’aime vachement quand même.
Rue Oberkampf. Une rue dont je connais au moins trois restaus quatre bars deux tabacs deux tireuses à money deux merdes de chien trois branlodragueurs, une rue que j’ai remontée tout entier pour parfois aller chercher l’espoir, que j’ai redescendue main dans la main avec le sourire, que j’ai remontée au bras d’un homme, redescendue en riant avec une copine, remontée, redescendue, en me marrant, en pleurant, en frôlant les murs, en fonçant dans l’tas, tout ça au moins vingt fois. Si on compte aussi ce qui compte pas.

Rien qu’un endroit comme d’hab au final, rien qu’un coin que je connais bien.
Et que j’ai découvert pour la première fois.

Quand je regarde un film, j’attends le lendemain pour savoir si j’l'ai bien aimé. Si je m’en souviens, si les émotions restent gravées, alors c’est tout du bon.
Ben ce week-end, j’ai pas regardé de film. J’aurais pu, vu le lieu. Et ça aurait pu même être logique. Mais faut bien que les choses changent dans les plaines sous le plâtre et la pluie.
En fait, je suis allée sur la pointe des pieds soutenir le monsieur de chez elucarrébrations, slameur à ses heures. Et comme je découvrais tout ça moi, ben j’ai commencé gentiment par l’apéro slam. C’était bon. Alors j’ai pris les hors d’oeuvre slam. Pas mal. Le poisson. La viande slam. Les ptits légumes, les patates sautées, le riz sauce slam, le fromage, le gâteau chocoslam, la slam vanille, avec un verre de slam, et quatre pailles, et puis des petits bouts de slam pour accompagner tout ça, parce que plus ça slamait dans mes oreilles, et plus j’en avais faim et plus j’avais envie de bouffer, de m’engouffrer, m’empoigner, de m’imprégner, me délasser, dénouer, dénerver, détoxifier, désidentifier, désilluminer, me laisser éteindre bouger suffoquer respirer…
J’ai pris mon pied. Le week-end tout entier. Le cul sur une chaise, presque sans bouger, et sûrement sans baiser, à les laisser me montrer que la parole ne dort pas et que les mots lèvent le bras pour être soufflés.
Dans ma tête, ça s’est pas arrêté. J’ai reglé quelques heurts, j’ai nommée ma colère, même si c’était pas à la bonne personne. Mais y’a t’il une personne qui doive entendre ces mots là alors que ce n’est que moi qui les ai enfantés.
L’enfant.
Putain. L’enfant.
ça me fait mal encore quelque part alors que c’était oublié, effacé, du passé loin, très loin, des années, des mois, et des pointillés collés par -dessus.
ça me fait mal, et ça devrait pas.
L’instinct emprunte de ces chemins, parfois.
Mais au moins j’ai parlé. Au moins j’ai dit.
Et après, j’ai pas arrêté.
Dans ma tête. Toute la nuit, en anglais, ou plutôt en yaourt, mais surtout en français, en rimes, en rythmant, en diabler, en cris, en choeurs, en crocs, en rocs en pics et lyres, cordes et vers.
L’accord résonne encore et me laisse sans voix, parce que je ne sais toujours pas dire. Je sais juste taper.
La violence infligée au clavier. Dernier refuge des sans échos, des sans résonne, de ceux qui crient juste en insistant un peu plus sur la touche espace.
Et toute la journée, ça a tourné dans ma tête, me laissant simplement assez de nerfs pour faire face à l’ouvrage pécuniaire, socio documentaliste.
Et puis ce soir, j’ai voulu m’arrêter de planer, alors j’ai laissé la parole à mes oreilles. Et j’ai inséré le CD.
Bordel. Y’a du Nosfell là-dedans. Des sons magiques et une voix d’ange. Et j’avais même pas remarqué.

Je reviens dans quelques jours. Je voulais attérir, mais je crois qu’en fait, je commence à peine à décoller.

Pas de sacrifice. Et pas de tradition.

01.3.2008 | 12:12 pm | Déchets ménagers

Une question me taraude… Qu’est-ce que je suis venue foutre au bureau aujourd’hui ?
Les réponses qui me viennent spontanément en tête doivent malheureusement se contenter d’y rester. Arracher les cables, exploser un écran à coups de bible ou jeter les tuiles du toit sur les passants.
Il est marrant, le cheminement de l’énergie que l’on se fabrique. Jour après jour, la violence ne se ressemble déjà plus. Je retrouve ma boule de nerfs, nourrie de toutes ces incompréhensions qui me tournent autour, un peu comme si je cherchais à les attirer ; nourrie des yeux froids qui te regardent en face et décident en un battement de cils inratable qu’ils ne te verront pas. Au bout d’un certain nombre de fois et venant des mêmes personnes, quand même, ça m’interpelle.
Quelle étiquette ont-ils bien pu me coller sur le front ?

Autre question, tant qu’on y est. Doit-on faire confiance à l’employeur qui vous dit “bientôt bientôt on verra” ?
Avec un peu plus de recul, peut-on faire confiance à un homme que vous voyez depuis six mois, qui vous fait craquer et qui le sait ouvertement, qui vous parle du chant des oiseaux à cinq heures du mat, qui vous colle finalement et irrémédiablement deux bises en guise d’aurevoir en vous abandonnant devant le métro et qui vous écrit quand même “ne désespère pas” ?

Je crois que je n’ai pas fini de remplir ma rubrique à déchets. Va y’en avoir, des trucs à jeter, cette année.

[Nalinou, j’ai finalement entamé une grève du sms et je t’envoie plein de bisous.
Et je twitte et msnise si je veux.
Je pense à vous les ptits chéris. Même si.]

passé désinspiré

12.21.2007 | 1:07 am | Déchets ménagers

L’homme a eu lieu…
Merde, ça vient pas.
D’habitude, parce qu’il ya eu une habitude, quand il me prend l’envie de pondre une note, parce que mes oeufs ne sont pas mangeables, je me trouve un mot, ou deux, ou trois, je les lâche sur la page, et puis le reste vient tout seul. Je les regarde se multiplier sagement, les uns derrière les autres, les observant d’un oeil maternel, attentif et bienveillant. Parfois, il faut remettre un peu d’ordre dans tout ça, je dois leur apprendre à ne pas non plus faire n’importe quoi, mais les encourager quand même quand leur viennent des initiatives heureuses, ou pas. S’ils ne font pas la connerie une fois, jamais ils ne retiendront les leçons de la page.
D’habitude, ça se passe comme ça.
Mais là, “l’homme a eu lieu”, ça marche pas.
Je descends cinq minutes, le temps d’une clope. Je verrai bien s’ils ont été sages et s’ils ont fait leurs devoirs quand je reviendrai.
Je remonte. Et toujours rien.
Bon, peut-être que ça vient de moi. Peut-être que je les ai un peu surestimés, peut-être qu’ils ne sont pas encore en âge pour ça…
Ou bien peut-être qu’ils ont dépassé ce stade -là ?
Peut-être que le thème de départ leur plaît bien, mais que ce temps passé décomposé tout pourri, ça craint.
Et qu’en fait, si je leur parle au futur, maintenant, ça les branchera un peu plus…
Mes chéris, si je vous dis “l’homme aura lieu”, qu’est-ce que ça vous évoque ?

Ils me répondent que l’homme aura lieu un vendredi, ou peut-être un mardi. Qu’il aura des yeux noirs qui rient après la pluie. Qu’il portera une casquette et une veste de tweed et que ça me fera sourire parce que lui aussi, sa casquette elle est toute pourrie. Il pouffera de certains auteurs ou musiciens que je voue aux nues, et me renverra paître aux gémonies quand je lui dirai que son truc qu’il écoute là, ça pue du cul. Il peut éventuellement se permettre d’être vachement grand ou bien se ranger dans ma poche. Il aura vécu des dizaines de vies et me les racontera toutes, les unes après les autres, en commençant par la plus belle et qu’il ne connaît pas encore. Il aura mille ans devant lui pour le faire et chaque année pour noël, j’en trouverai un morceau fourré dans un chocolat surprise. Je reconnaîtrai le piège, parce qu’il aura encore mal remplié l’emballage de ce mini cheval de Troie qu’il voudra me voir croquer en faisant ma tronche de travers et mes yeux affolés en pensant que merde je me suis pété un plombage avec ces conneries.
L’homme aura lieu et je lui organiserai une petite place avec des heures autour, pour la déco, au creux de ma vie. L’homme aura lieu et on trouvera le temps.
L’homme aura lieu et …

Who. On se calme les lapinous. Vous allez quand même pas contredire maman. Je vous dis que je crois pas au prince charmant.
Maman, t’es con, qu’ils me répondent. C’est pas un prince charmant, c’est rien qu’un homme qui se sera arrêté pour te demander l’heure, et qui aura vu que vous avez la même.

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